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Soutenance de thèse de Sylvain Lenoir, 17/01/2011

Lundi 17 janvier 2011

par Valérie PLOUVIN - publié le

M Sylvain Lenoir soutiendra publiquement sa thèse intitulée :

Impact du réchauffement climatique sur la distribution spatiale des ressources halieutiques le long du littoral français : observations et scénarios.

Date : Lundi 17 janvier 2011 à 14h30

Lieu : Salle de conférence de la Mren à Wimereux.

Directeur et co-Directeur :
Dr. Gregory Beaugrand (USTL)

Pr. Jean-Claude Dauvin (USTL)

Résumé :

Cette thèse doctorale, réalisée dans le cadre d’un partenariat avec des professionnels de la pêche, a pour objet l’étude de l’impact du réchauffement climatique sur la distribution spatiale des poissons en Atlantique Nord, à l’aide de l’application d’un nouveau modèle d’habitat appelé le Non-Parametric Probabilistic Ecological Niche Model (NPPEN). Le modèle NPPEN est non-paramétrique et basé sur le concept de niche écologique (sensu Hutchinson). Le modèle ne requiert que des données de présence. Il est donc bien adapté à l’étude à macro-échelle de la biogéographie des espèces marines Le modèle NPPEN teste la distance généralisée de Mahalanobis par un test non-paramétrique de permutations afin de produire et de cartographier les probabilités de présence des espèces. L’application de ce nouveau modèle, sur plus de cinquante espèces marines en Atlantique Nord, a mis en évidence l’impact du réchauffement climatique sur la biogéographie des espèces et sur la structure et la trophodynamique de l’écosystème marin. Des bouleversements, déjà observés dans la distribution spatiale et l’abondance (probabilités de présence) d’espèces de poissons, tels la morue de l’Atlantique ou le lançon nordique, ont été retrouvés. En majorité, les espèces vont effectuer un déplacement dirigé vers le nord, pour rester dans un environnement conforme à leur niche écologique. L’intensité et la vitesse des mouvements biogéographiques attendus, de même que le bilan des gains ou pertes d’aires de répartition spatiale diffèrent selon les poissons ; régis par les capacités de déplacements des espèces, leur domaine de tolérance environnementale (largeur de leur niche) et l’intensité du réchauffement climatique. En mer du Nord, des espèces comme le lieu jaune, à la niche écologique étroite et aux exigences strictes, risquent de disparaitre suite à la contraction de leur aire de répartition. D’autres espèces, plus adaptées verront leur abondance augmentée ou/et leur limite supérieure de distribution repoussée au nord, tel l’entélure. Ces changements altérèrent le fonctionnement du réseau trophique en modifiant la disponibilité et la qualité des ressources en poissons pour les consommateurs supérieurs comme les oiseaux marins, participant ainsi à la réduction de leur succès de reproduction. Les poissons eux-mêmes, comme la morue de l’Atlantique, sont affectés par les modifications biogéographiques induites par le réchauffement climatique, de leurs proies zooplanctoniques Calanus finmarchicus. Ces bouleversements trophiques et biogéographiques sont d’autant plus prononcés que l’espèce concernée se trouve en limite de sa niché écologique.
L’utilisation du nouveau modèle d’habitat NPPEN fournit des informations essentielles, à considérer pour anticiper les changements des ressources marines, notamment dans le cadre de plans de gestion des stocks de poissons exploités.