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Soutenance de thèse de Olivier Glippa, 04/04/2011

Lundi 4 avril 2011

par Valérie PLOUVIN - publié le

Mr GLIPPA Olivier, doctorant en Géosciences Ecologie, Paléontologie, Océanographie au Laboratoire LOG de Wimereux, soutiendra publiquement sa thèse intitulée :

Rôle des oeufs de résistance dans la dynamique des populations des principales espèces de copépodes calanoïdes : Cas de l’estuaire de la Seine

Le lundi 4 avril 2011, à 9h30 dans la salle de conférence de la Station Marine de Wimereux. (28 avenue Foch) LOG.

Jury :

Directeur de Thèse : Sami SOUISSI, Professeur, Université Lille 1 Sciences et Technologies

Co-Directeur : Lionel DENIS, Maître de Conférences HDR, Université Lille 1 Sciences et Technologies

Co-Encadrant : Sandric LESOURD, Maître de Conférences, Université du Littoral Côte d’Opale Wimereux

Rapporteurs : Michèle TACKX, Professeur, INP Toulouse

Genuario BELMONTE, Professeur, Université de Salento Italie

Membre : Victor ALEKSEEV, Professeur, Russian Academy of Sciences St Petersburg

Baghdad OUDDANE, Professeur, Université Lille 1 Sciences et Technologies

Résumé :

Les systèmes estuariens, en raison des différentes interactions qui y ont lieu sont des écosystèmes extrêmement complexes qui nécessitent une approche multidisciplinaire pour les étudier. Ce travail de thèse a eu pour objectif d’étudier, pour la première fois dans un estuaire macrotidal, le rôle des oeufs de résistance dans la dynamique de population des principales espèces de copépodes de l’estuaire de la Seine, en relation avec leur dynamique saisonnière ainsi que les processus hydro-sédimentaires. Il a d’abord fallu identifier les zones où se trouvaient ces oeufs, puis mettre en place un protocole d’étude adéquat pour le suivi de la variation saisonnière de l’abondance des oeufs de résistance benthiques. Cela a été établi à partir de l’extraction des oeufs des couches sédimentaires, et de leur incubation à différentes températures afin d’identifier la nature de ces oeufs. La variation saisonnière de l’abondance des principales espèces de copépodes de l’estuaire de la Seine a également été étudiée afin de mettre en relation le compartiment pélagique et le compartiment benthique. Finalement, une approche expérimentale a été développée afin d’induire la production d’oeufs de diapause chez Eurytemora affinis, copépode calanoïde majoritaire de l’estuaire de la Seine.
Les abondances en oeufs de résistance benthiques relevées au cours de cette étude (de l’ordre de 105 à 107 oeufs.m-3) présentent un maximum vers la fin de l’été et de l’automne, suggérant que ces espèces produisent des formes de résistance en prévision de conditions hivernales défavorables. Les résultats indiquent que dans l’estuaire de la Seine, au moins trois espèces de copépodes calanoïdes produisent des oeufs de résistance, c’est-à-dire Temora longicornis, Acartia spp. et Eurytemora affinis. En effet, des éclosions ont été observées pour chacune de ces trois espèces avec un maximum pour les sédiments prélevés en février suggérant l’importance de la réalisation d’une période réfractaire avant un recrutement printanier. Bien que le succès d’éclosion moyen soit faible (4 %), les taux d’émergences calculés peuvent être considérables (≈ 600 000 nauplii.m-3.mois-1) et constituer une source importante de recrutement pour les populations des principales espèces de copépodes calanoïdes. L’approche expérimentale a révélé que la production d’oeufs de diapause chez l’espèce clef de l’estuaire de la Seine, E. affinis pouvait être induite par des jours courts, mais que la photopériode n’était sans doute pas le seul facteur responsable de l’entrée en dormance, et que l’étude d’autres facteurs tels que la surpopulation, la présence de prédateurs, etc. doit être pris en compte dans le futur.