Accueil > Productions scientifiques > Thèses soutenues > Thèses soutenues en 2011

Soutenance de thèse d’ Elodie Kerambrun, 21/11/2011

Lundi 21 novembre 2011

par Valérie PLOUVIN - publié le , mis à jour le

Melle Kerambrun Elodie, doctorante au LOG à Wimereux en Géosciences, Écologie, Paléontologie, Océanographie, soutiendra publiquement sa thèse intitulée :

(Évaluation des effets biologiques des contaminants chimiques sur les juvéniles de poissons marins : approche multibiomarqueur en conditions expérimentales et in situ :)

Date : Lundi 21 Novembre 2011 à 14h00

Lieu : Salle de conférences de la Maison de la Recherche en environnement Naturel, LOG UMR CNRS 8187, 32 avenue Foch, 62930 WIMEREUX.

JURY :

Directeur de thèse : Pr. Rachid AMARA

Co-encadrante : Dr. Françoise HENRY

Rapporteurs : Pr. Christophe MINIER (Univ Le Havre), Dr. Hélène THOMAS-GUYON (Univ. La Rochelle)

Membres : Dr. Farida AKCHA (IFREMER Nantes), Pr. Jean LA ROCHE (Univ. Brest), Pr. Patrice FRANCOUR (Univ. Nice)

Résumé :

L’évaluation de l’impact des polluants dans l’environnement est une des préoccupations majeures qui s’inscrit dans la Directive Européenne Cadre Eau 2000. Les réglementations préconisées ont notamment pour objectif de parvenir au bon état chimique et écologique des masses d’eau. Dans ce contexte, notre étude a consisté à développer une
approche multibiomarqueur sur des juvéniles de poisson afin d’évaluer les effets biologiques de la pollution chimique en milieu littoral. Des paramètres moléculaires de biotransformation (EROD, GST) et une enzyme antioxydante (CAT) ont été utilisés en tant que « système d’alarme » susceptibles de détecter une perturbation avant l’apparition de signes pathologiques irréversibles. En parallèle, différents biomarqueurs physiologiques (croissance somatique et récente,
rapport ARN/ADN, indices morphométrique et lipidique) ont été analysés en considérant que ceux-ci pourraient révéler les dommages induit par les polluants sur l’état de santé des juvéniles. La sensibilité et la pertinence des biomarqueurs moléculaires et physiologiques ont été testés expérimentalement sur des juvéniles : i) de bar exposés à une pollution aigüe de pétrole, ii) de bar et de turbot soumis à des mélanges de contaminants en concentration environnementale en
conditions contrôlée et semi contrôlée (« caging »).
Nos résultats montrent la capacité de l’EROD, et à un degré moindre de la GST, à détecter une exposition courte (2 et 4 jours) des organismes au pétrole et à refléter ses effets délétères sur leur état de santé. Cette relation entre biomarqueurs moléculaires et physiologiques a par contre été plus difficilement établie dans un contexte de pollution
multiple. Les indices de croissance et de condition utilisés se sont avérés plus sensibles aux différents niveaux de contamination analysés (métaux et HAPs). Leur utilisation a permis d’évaluer la condition affaiblie des organismes mis en cage en milieu portuaire pendant 38 jours. Cette expérience de « caging » s’est révélée concluante, notamment pour les juvéniles de bar, sur lesquels aucun stress physiologique de la mise en cage n’a été détecté dans la station de
référence. Les effets délétères des contaminants chimiques sur l’état de santé des juvéniles de turbot ont également été observés en condition contrôlée après exposition de 21 jours aux mêmes sédiments portuaires et à un sédiment estuarien.
En complément de ces expériences, une étude de terrain a été réalisée sur des juvéniles de flet prélevés dans des estuaires le long de la côte française et belge. Une diminution des indices morphométrique et lipidique des juvéniles de flet, issu des trois estuaires anthropisés, a été observée en relation avec les bioconcentrations en métaux plus élevées que l’estuaire de référence. Les résultats issus de ces différentes études montrent la potentialité des indices de croissance et
de condition à révéler les effets biologiques des contaminants chimiques sur les juvéniles de poisson marin. Cependant, leur spécificité vis à vis des polluants étant plus faible que les paramètres de biotransformation, leur utilisation peut être limitée. Ces travaux montrent ainsi le besoin d’utiliser des biomarqueurs à différents niveaux d’organisation biologique dans les programmes de biosurveillance.