Accueil > Séminaires année 2016

Séminaire de Bernard Delcaillau

vendredi 14 octobre 2016 à SN5

publié le , mis à jour le

Séminaire de Bernard Delcaillau (UMR CNRS 6143 Morphodynamique Continentale et Côtière "Université de Caen") intitulé :

EVOLUTION D’UN SYSTEME GEOMORPHOLOGIQUE DE FRONT DE CHAINE ACTIF : L’EXEMPLE DU HAUT ATLAS DE MARRAKECH (MAROC)

Date : 14 octobre 2016 à 10h30

Lieu : salle Pruvost, SN5 Villeneuve d’Ascq

Résumé :

Le Haut Atlas de Marrakech (MHA) est la chaîne de montagne la plus haute de l’Afrique du Nord, culminant à 4167 m (Toubkal). Morphologiquement, le front nord du Haut-Atlas se caractérise par une haute surface, à faible gradient topographique atteignant 2000-2300 m d’altitude et pouvant atteindre 4000 m et un paysage montagneux disséqué à forte pente, impliquant des vallées profondément incisées, soumises à de forts glissements de terrain. Les mécanismes contrôlant l’évolution de la topographie sont nombreux et encore mal connus. Le Haut Atlas est souligné par un héritage structural important dès le Lias. La distension régionale a favorisé l’ouverture de bassins simultanément (bassins en relais distensif le long de la faille du Tizi n’Test). Le Paléozoïque se comporte en blocs rigides, séparés par des failles normales héritées du rifting mésozoïque. A la fin du Jurassique-début du Crétacé, les contraintes compressives subméridiennes débutent et sont à l’origine de l’orogenèse atlasique. Notre avons étudié la relation entre la géométrie du réseau de drainage et les principaux systèmes de failles. Des données topographiques (MNT) et satellites de haute résolution ont été utilisées. Pour mesurer quantitativement les caractéristiques du paysage, nous avons sélectionné plusieurs indices morphométriques (rapport d’espacement des bassins versants, courbes et intégrales
hypsométriques (HI), facteur d’asymétrie (Af)...). Le Massif de l’Ouzzelarh est délimité au nord par la zone de faille N’Test Tizi (de TTFZ) et au sud par la zone de faille Sour (SFZ). Ces failles délimitent une structure en fleur positive (pop-up). Les courbes hypsométriques convexes des bassins versants (HI>0,5) décryptent un stade géomorphologique jeune des escarpements de faille. La géomorphologie de ce massif révèle les vestiges d’une ancienne surface d’érosion soulevé. L’asymétrie topographique entre les versants nord et sud du massif est due à des différences de
résistance des roches contrôlée par l’érosion différentielle. Les indices de rupture de pente (SLi) et la fréquence du réseau de drainage ont permis de décrypter le rôle du réseau de failles délimitant les blocs rhomboédriques initiant le soulèvement différentiel des reliefs du Haut Atlas et influençant le drainage en treillis actuel. Les affluents des principaux cours d’eaux (Ourika, Asni ...) traduisent systématiquement des ruptures dans leur partie aval : au cours de la dernière chute du niveau de base local, l’incision des dépôts pléistocènes fluvio-torrentiels a provoqué la formation
de ces knickpoints. Sur la base de ces résultats, un scénario d’évolution morpho-structurale du front montagneux est proposé et discuté.